Le château de Sablé-sur-Sarthe

Le château de Sablé-sur-Sarthe et son parc paysager, lieux d’activités culturelles, sociales et économiques.

Juché sur un promontoire rocheux en bordure de la Sarthe, le château de Sablé-sur-Sarthe a une histoire pour le moins originale. En effet, les vestiges de plusieurs tours attestent de la présence d’une place forte dès le Xème siècle sur ce même promontoire. À ce château médiéval a succédé un logis construit au XVème (ou au XVIème siècle) qui a été détruit suite aux affrontements survenus lors des guerres civiles de l’époque moderne entre la Ligue et les protestants (la ville Sablé-sur-Sarthe est située dans la sphère d’influence des Princes de Condé, principaux meneurs du mouvement huguenot). Ainsi, le château que nous pouvons admirer aujourd’hui est l’œuvre de l’architecte Claude Desgots, réalisée entre 1717 et 1750 sur commande de Jean-Baptiste Colbert de Torcy, marquis de Sablé. Après cette date, la bâtisse a été quelque peu remaniée à la fin du XIXème siècle par Georges Lafenestre, placé sous les ordres du duc de Chaulnes. Le château est de plus situé dans un parc attenant d’une superficie de seize hectares et bordé par la Vaige, un affluent de la Sarthe. Dans un premier temps (vers 1725), il fut créé tel un jardin à la française pourvu d’un bassin, mais il fut converti en jardin paysager et agrémenté d’un haut portail fait de ferronnerie à la fin du XIXème siècle.

Cependant, l’originalité du château de Sablé-sur-Sarthe ne réside pas uniquement dans son architecture et sa localisation, mais bien dans son activité. Après sa conversion en fabrique de chicorée après la Première Guerre Mondiale (en 1919), puis son rachat par la ville de Sablé-sur-Sarthe à la fermeture de l’usine en 1960, le château a connu un nouveau dessein. Il est en effet devenu une aile de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) en 1979 et a été rebaptisé « Centre technique de conservation Joël le Theule ». Le château abrite donc des ateliers de restauration, de reproduction et numérisation et une unité de désacidification de masse (seule installation de ce genre existant en France) destinés à la sauvegarde des documents imprimés surtout sur le papier acide d’après 1870. Ainsi, le château traite chaque année près de 10 000 volumes sans les dérelier. Aujourd’hui il existe 3 autres centres techniques rattachés à la BnF (centre François Mitterrand à Paris XIIIème, Richelieu à Paris IIème et Bussy-Saint-Georges à environ 30km de Paris centre). Cette activité, autant culturelle et artisanale qu’économique, justifie la très faible ouverture au public de ce lieu. En effet, le château n’ouvre ses portes qu’à l’occasion des journées du patrimoine, des journées des métiers d’art et sur demande expresse et justifiée auprès de la mairie de la commune.

Le château de Sablé-sur-Sarthe, ainsi que son parc, sont classés en tant que monuments historiques le 18 octobre 1983 et, à la même date, les annexes du château (écuries, chapelle) sont inscrites au patrimoine historique. Le parc et les bords de Vaige ont quant à eux reçu l’agrément « refuge LPO – jardin d’oiseaux » en février 2008. Ce parc joue par ailleurs un rôle central dans la commune de Sablé-sur-Sarthe car il est l’épicentre des activités culturelles majeures de la ville. En effet, c’est en ce lieu que se déroulent des festivals musicaux et estivaux tels que Rockissimômes, les Nuits d’été, le Festival baroque et la Folle journée en régions dont certains sont réputés au niveau européen. C’est aussi un lieu de sociabilité dans lequel se regroupent les habitants de la commune, se déroulent les grands jeux des centres aérés et maintes sorties scolaires éducatives et/ou sportives telles que des courses d’orientation. Ainsi, il y a une réelle appropriation par les individus de ce parc public et classé, ce qui constitue le dernier niveau de la démocratisation du patrimoine définie par l’ancien président de l’UNESCO Koïchiro Matsuura.

 

Images du parc et du château de Sablé-sur-Sarthe :