Mémorial national des marins morts pour la France (Bérengère Bril)

« Les marins disparus dans l’abîme et n’ayant eu pour linceul que les flots de l’océan, ceux-là méritent aussi que leur obscur sacrifice soit honoré à jamais. » Amiral Emile Guépratte.

C’est ce qu’ont voulu Émile Guépratte, député du Finistère et Georges Leygues, ministre de la Marine par l’inauguration de la Stèle le 12 juin 1927, puis l’association Aux Marins par la transformation du fortin, datant du XIXème siècle, en cénotaphe depuis 2005 : monument dédié à la mémoire des Marins Morts pour la France.

 

Vue de la stèle et du cénotaphe de la route - cliché Bérengère Bril, 1er mai 2017

 

La Pointe Saint Mathieu – Une histoire de marins

 

L’emplacement de ce lieu de mémoire sur la Pointe Saint Mathieu est stratégique et historique : formé de falaises de vingt mètres de hauteur, elle comporte une ancienne abbaye, classée Monument historique dès 1867 qui constitue un des points de départ des chemins de Compostelle.

Une batterie d’artillerie de côte battant le chenal fut établie sous Louis XV. Elle a été entretenue et aménagée au fil des guerres et des progrès de l’armement, jusqu’à l’occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale. Deux pièces d’artillerie demeurent sur place.

Mais c’est aussi là qu’un phare est construit en 1835, s’élevant à cinquante-six mètres et dont la portée serait de 29 miles marins. Cette lumière guidant les marins, remplace un feu en place depuis le XIIe siècle et accompagne le premier sémaphore de la pointe (1806), remplacé quant à lui en 1906 par l’actuel.  

 

Panneau annonçant le mémorial à la sortie du parking- cliché Bérengère Bril 1er mai 2017

 

Le Mémorial national des marins morts pour la France – Une histoire vivante

 

Le site se compose aujourd’hui de cette stèle, couronnée par le buste d’une femme de marin en tenue de deuil, de l’esplanade du Souvenir Français qui fait face à cet immense tombeau, le cénotaphe depuis 2005 qui prend place dans l’ancien fortin du XIXe siècle et un chemin de mémoire constitué de pierre levées portant les noms des bateaux disparus.

À ces lieux s’ajoutent des sites virtuels : www.auxmarins.net qui retrace l’histoire du lieu et les biographies des marins dont on trouve les photographies dans le cénotaphe ; www.amedenosmarins.fr, blog qui publie régulièrement l’histoire de marins disparus en mer, morts pour la France.

 

Plan du fortin-cénotaphe - Cliché Bérengère Bril 1er mai 2017

 

Ces lieux, inscrits sur la liste des lieux de mémoires de la France, rayonnent dans le monde entier grâce à l’association Aux Marins. En effet, celle-ci assure le développement du Mémorial National des Marins (…) « Morts pour la France ». Ils présentent eux-mêmes les quatre objectifs de leur travail :

_ Exprimer la reconnaissance de la nation aux marins morts pour la liberté de la France avec de nombreuses cérémonies et temps de recueillement organisés chaque année (une vingtaine en 2016).

_ Soutenir les familles de marins disparus afin que les jeunes générations se souviennent « des sacrifices consentis par leurs aînés, afin qu’elles puissent revendiquer le droit à la liberté dans une grande communauté de paix ».

_ Gérer le produit culturel « Mémorial » en assurant la permanence de la mémoire maritime. 

_ Accueillir le public dans le cadre du lieu de mémoire (234 000 visiteurs en 2016). Les lieux sont continuellement ouverts et visités librement sauf le cénotaphe qui doit répondre à ses horaires d’ouvertures.

 

Intérieur du cénotaphe - cliché auxmarins.net

 

Dès l’entrée du fortin,  une plaque nous explique que le « cénotaphe – du grec­ Kénos-taphos ˮtombe videˮ - honore de manière individuelle le souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour notre pays. »

Il abrite leurs portraits et ainsi rassemble leurs visages, leurs regards, leurs présences anonymes et silencieuses, au-delà de tout critère d’appartenance et de hiérarchie. 

 

 

A l’intérieur, des photos d’époques différentes, de marins d’origines et de grades différents demeurent les unes à côté des autres et nous font nous souvenir. Tout au long de la visite du fortin, nous entendons l’énumération de bateaux disparus et les circonstances de leur disparition, en alternance avec le sifflet de gabier. Il y a aussi la possibilité de retrouver la photographie d’un marin grâce à la borne interactive ou le livret mis à disposition au sein du cénotaphe. On peut aussi retrouver la présence d’un marin parmi tous ces marins grâce au site internet http://auxmarins.net/fiches-marins. Ces photographies côtoient « trois ombres, silhouettes évoquant des corps, des bateaux, des barques ou des tombes. Trois silhouette comme le sont les trois marines : Nationale, Pêche, Marchande. »

 

En ressortant de ces lieux chargés d’histoire et de mémoire, nous pouvons avoir en tête ces vers de Victor Hugo :

« Où sont-ils les marins sombrés dans la nuit noire ?

Ô flots ! que vous savez de lugubres histoires !

Flots profonds redoutés des mères à genoux ! »

 

La commune devient un territoire de mémoire 

 

Sur la commune : Un Historial dédié à tous les «travailleurs de la mer» complétera le mémorial. Composante de l’offre culturelle et touristique, le projet sera un lieu ouvert au grand public et accueillant «ces pèlerins venus de tout horizon respirer un air maritime au sein duquel se racontent des histoires de vie intimement liées à la mer».

 

À deux pas de la pointe Saint Mathieu, le musée Mémoire 39-45 du blockhaus de Keromnès ouvrira ses portes le 27 mai 2017. La batterie d’artillerie de marins Graff Spee, encore appelée batterie de Kéringar, a été édifiée par l’armée allemande sur les communes de Plougonvelin et Le Conquet. Il s’agit à l’époque de la plus importante position d’artillerie côtière du Finistère.

 

Le Fort de Bertheaume, fortifié par Vauban qui décide d’en faire une batterie – rempart de la rade de Brest. Son histoire est mise en valeur depuis 1990 bien que plus connu pour ses tyroliennes.

 

L’association PHASE (Plougonvelin, Histoire et Avenir, Souvenirs et Écoute), active dans la conservation du patrimoine.

 

 

SOURCES :

_ Site internet de l’association Aux Marins : www.auxmarins.net.

_ Site internet des Chemins de Mémoire : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/le-memorial-national-des-marins-de-la-pointe-saint-mathieu.

_ Blog de l’association Aux Marins : http://www.amedenosmarins.fr.

_ Fascicule de présentation du lieu (consultable via le blog).

 

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